Témoignages de Courdimanchois confinés

Nous vous proposons de découvrir le récit de Courdimanchois sur leur manière de vivre le confinement.

N’hésitez pas à nous envoyer le votre à l’adresse mail : com@ville-courdimanche.fr

 

 

 

JULIE - 3 avril 2020, voilà maintenant 18 jours que nous sommes confinés.

Après « l’euphorie » des premiers jours où l’on se dit : « Chouette, je ne vais plus à avoir à supporter mes longs trajets quotidiens en RER pour aller travailler. Je vais pouvoir endosser le rôle de l’institutrice, ce qui va être sympa de partager cette nouvelle expérience avec ma fille. Et puis je vais m’occuper de la maison et surtout du jardin (quelle chance que le printemps soit déjà là et le soleil aussi !) ». Oui, 18 jours sont passés (avec un ressentit d’un mois) et mon RER (juste le A, pas encore le B, il ne faut pas exagérer tout de même) commence déjà à me manquer. Lorsque je me suis dit que j’allais « profiter » (c’est mon côté optimiste), à aucun moment je ne me suis douté qu’une organisation « quasi militaire » devrait être instaurée. Et oui, il faut que ton enfant fasse tous ses devoirs (dans la même journée), faire du télétravail, si la bande passante internet le permet (ce qui te donne quelques petits moments de solitude), le tout dans une maison « relativement » rangée et, ah j’oubliais tous ces repas à cuisiner chaque jour (mais quand la cuisine n’est pas trop ton truc…).
Les journées peuvent être longues, surtout le weekend où je faisais beaucoup d’activités avant le confinement. On essaie de s’occuper : nettoyer de fond en comble la cuisine, ranger le garage (c’est fou tout ce que l’on peut stocker dans un garage), faire des petites réparations qui n’aurait certainement jamais été faites en d’autres circonstances. Et puis il y a le « sauveur de l’ennui » : NET**IX où tu as le temps de regarder plusieurs séries et même de terminer toutes les saisons. Tu fais aussi un brin de causette avec tes voisins…derrière un mur. Le moral reste assez constant même si tu n’as plus très envie de faire grand-chose (on verra demain). Et un matin, ta fille te dit que tu commences à ressembler à mamie avec tes nouveaux cheveux blancs (ton rdv chez le coiffeur était programmé au 20 mars…). Note pour toi-même : ne plus répondre aux appels vidéos !
Mais lorsque tu regardes le journal télévisé, tu relativises beaucoup. Toutes ces personnes malades qui souffrent, ces hôpitaux saturés et le personnel soignant au bord du « burn out ». Oui tu relativises. Tu dois rester confiné ? Ce n’est pas chose facile dans notre vie souvent hyper active qui se voit du jour au lendemain bouleversée. Mais c’est l’histoire de quelques semaines, voire de quelques mois. Il faut faire l’effort car nous le faisons tous.

Restons positifs et surtout solidaires, car ce satané virus nous l’aurons !

Témoignages d'un Courdimanchois anonyme

" Mon cas est assez particulier en ce sens que je vis seul et que j’ai pris depuis longtemps l’habitude de m’occuper. J'ai toujours des travaux ”en retard” à terminer ou des réparations impromptues à faire. J’ai une liste de ”Reste-A-Faire”, mais elle se remplit par le bas à mesure que je la vide par en haut ! En ce sens, le confinement ni ne me prive ni ne me donne du temps.
Ce qui me manque un peu, c’est de voir la famille de mon fils. Et depuis cette année où je m’y suis remis, les repas des anciens à la Miellerie. Un peu de convivialité, quoi. Merci en passant de vos coups de fil.
Je me suis fabriqué un masque qui n’est pas reconnu par les sages, mais je pense qu’il filtre un peu. C'est toujours ça à Courdimanche où la densité de virus doit être limitée. Et c’est tranquillisant ! Le principal étant non de se protéger soi-même (ils ne protègent guère le porteur), mais de protéger les autres de ses émissions.
Ce qui me manque aussi, ce sont les balades sur mon vélo électrique, car tourner en rond sur un km n’est pas exaltant alors j’ai arrêté. J’ai fait à pied ce matin le tour des Grands Jardins, mais la grande grille étant fermée, il faut le prendre à la Mare, et on en perd un bon bout forestier sauf à faire le tour par les rues, au milieu des zones peuplées...
Je communique beaucoup par mails avec des amis ou ma famille, et j’ai rédigé un ou deux articles pour la revue d'une association à laquelle j'appartiens. Nous avons même fait une réunion du Conseil d’Administration par multi-vidéo. Mais je ne trouve pas ça pratique ni agréable comme une rencontre personnelle.
Quant aux travaux, j’ai encore une table vermoulue à réparer confiée par ma soeur qui a même fait tourner à Paris un pied trop vermoulu qui tombait plutôt en poussière.
Au rang des distractions, j’ai encore un petit circuit de train électrique (voie de 9 mm, écartez vos doigts de 9 mm et vous aurez une idée) à finir, si je puis dire car pour l’instant je n’ai que le plateau et des rails coupés à la longueur mais pas assemblés, il faut construire d’abord du relief pour faire des croisements sur deux niveaux. Et un circuit, ce n’est jamais fini, il faudra faire de la végétation, des maisons, une gare, une église, un village avec le bistrot, toute la vie, quoi. Et des rames imitant les machines du siècle dernier voire antérieur… Certains font chez eux de grands circuits, ils ont même percé les murs pour passer dans plusieurs pièces. Ce sont en général les épouses qui mettent un frein ! Et il y a des réunions-expos où il faut venir avec son module aux normes décidées de circuit partiel, à raccorder aux autres sur 20 m ou plus au total. Et des rames qui circulent sans se heurter. J’en suis très loin !
Bon, j’étais parti pour dire que je n’avais rien à dire, que le confinement ne changeait pas grand-chose pour moi, et voilà.
Amicalement vôtre.

 

Témoignage d'une sénior Courdimanchoise

NOUS LES SENIORS ET LE CORONAVIRUS

OK, nous avons 70 ans et plus. Ou légèrement moins peut-être ? Quoi qu'il en soit, nous ramons de conserve sur la même galère, alors ne pinaillons pas !
Au titre de cet âge fort respectable, nous ne sommes pas confinés mais SUR-confinés car nous devons nous protéger à n'importe quel prix. Cher le prix quand même car 24 h c'est long et  multipliées  par X ou Y semaines, c'est genre éternité.

Une éternité que nous ne souhaitons bien évidemment pas connaître de si tôt, alors nous la jouons très disciplinés !
Et nous nous organisons vaille que vaille pour nous occuper coûte que coûte.
Grand ménage de printemps ? Certes, mais ça c'est tous les ans alors ça ne change pas grand chose.
Jardinage pour ceux qui ont la chance d'avoir un espace à jardiner ? Certes, mais tailler et préparer la terre pour les beaux jours, c'est tous les ans alors ça ne change pas grand chose.
Planter ? Là, c'est cuit parce que les fleurs ne sont pas considérées comme des achats de première nécessité. Alors ça craint ...
Lire ? Certes, mais côté contact humain, ça n'est pas la panacée.
Regarder la TV ? Certes. Mais à force ne n'avoir guère que ça à faire, ce n'est plus un loisir mais un pis aller, alors on s'en lasse. Et de toute manière, l'heure est aux rediffusions et à la déprogrammation systématiques, alors faute de grives, nous nous gavons de merles. Quant aux news, à force de tout avaler sans pouvoir séparer le bon grain de l'ivraie, bonjour les indigestions ! Voire les intoxications.

Faire joujou sur internet ? Certes. Parce que c'est vrai, c'est une mine inépuisable pour apprendre et satisfaire toutes nos curiosités. Mais seulement pour ceux qui l'ont. Pour les autres,  il paraît qu'il est toujours temps de s'y mettre , alors courage parce que - quoi que vous entendiez dire - c'est plus facile à dire qu'à faire.
Coudre, tricoter ? Là,  c'est clair : Allez-y, foncez, parce qu'il paraît que d'ici à 9 mois ce sera la panique totale dans les maternités. Genre comment s'occuper au sein des couples confinés.
Manger ? Certes. Mais choper du diabète et 50 kilos de plus, voilà qui n'est guère conseillé en général et moins encore pour lutter efficacement contre l'ennemi qui nous est actuellement commun.
Boire ? NON BIEN SÛR ... Quoique ...  Avec modération ... De loin en loin ... Sauf que trinquer avec soi-même, question ambiance, ça laisse à désirer.
Nous occuper de nous-mêmes, genre bichonner notre beauté naturelle et tenter (plus ou moins facilement !) de colmater ces rides scélérates qui pourtant témoignent (hélas généreusement....) en faveur de nos vies bien remplies ? Certes. Parce que c'est le moment ou jamais de se complaire dans un océan d'illusions pour garder un moral d'acier.
Dormir ? Certes. Y'a pas mieux pour anesthésier le temps. Sauf que la plupart des seniors ont déjà du mal à faire leurs nuits en période normale alors à part des tonnes de somnifères (à proscrire bien sûr, au risque de ne pas s'en réveiller !!), dur dur de bluffer le rythme coronaviré de nos vies.

Alors il nous reste quoi ? MES AMIS, IL NOUS RESTE L'ESSENTIEL : LA SANTE!!!
Il nous suffit donc de prendre patience. Certes, une patience infinie que d'aucuns devront cultiver d'arrache pied faute d'inclination naturelle (genre moi par exemple...), mais une patience qui finira tout de même un jour ou l'autre par avoir sa récompense.

ET CE JOUR LÀ, NOUS FERONS TOUS ENSEMBLE UNE SI GRANDE FÊTE QU'ELLE RESTERA DANS TOUTES LES MÉMOIRES JUSQU'À DEVENIR LÉGENDE AUX YEUX DE TOUTES LES GÉNÉRATIONS FUTURES.

 

Témoignage de Jacques - Mes occupations durant le confinement

Tu te lèves et tu me bouscules, je ne me lève pas comme d’habitudeeeeee (c’est ma femme qui me réveille). J’ouvre les yeux, je vois par ma fenêtre le beau soleil, ses rayons sur mon visage. Ha oui c’est le printemps ; et je me rappelle que nous sommes en CONFINEMENT. Profitant de ce temps libre (pas de contraintes de rdv médicaux ou autres) j’ai prévu de bien m’occuper de mon jardin. Je sors dans mon jardin ; je visualise l’ensemble de mon jardin, OUAHHHH QUE DE BOULOT A FAIRE : Je fais le tour de chaque endroit où il y a des plantations.

Mes rosiers, ma lavande, mes tulipes, mon camélia, mon laurier rose, mes pivoines, mon magnolia, mes clématites. A chacun de mes passages, je vois mes différentes plantes, frétiller. J’ai l’habitude, elles font ça pour me dire bonjour.

Toutes : sauf mes clématites et ma lavande !!!
Ces dernières, à mon passage baissent la tête, et me disent : 
Méchant, tu nous a laissé dépérir et nous faire attaquer par le lierre : qui nous a étouffé. Je les regarde ; effectivement, c’est bien ce qui s’est passé. Donc je vais commencer mon jardinage par ce côté. Désolé mes belles, mais je vais être obligé de vous envoyer au repos éternel. Me voici donc à biner, puis à enlever ces malheureuses, pour les diriger vers leur dernier voyage (effectivement, le lierre avait fait beaucoup de ravage). Quelle ne fut pas ma surprise de voir en dessous du lierre, quelques escargots que j’enlevais et mettais de côté. Soudain j’entends un bruissement à l’endroit où j’ai déraciné, puis des petites voix qui me disent : non, non monsieur, n’enlevez pas notre abri et notre nourriture, vous allez nous faire mourir. Je me baisse et j’aperçois, non pas 2, ni 3, ni 5, ni 10, mais environ 50 escargots, qui s’étaient fait un abri entre le lierre et le mur (un peu comme les moules agrippées sur les rochers, en mer).

Je les enlève, afin d’avoir une place nette pour mes futures semences, certaines résistent et s’accrochent au mur ; puis j’entends une voix un peu bourrue : Non monsieur, nous ne partirons pas d’ici, c’ est notre maison, vous n’ avez pas le droit de nous déloger. Je reste perplexe ; je regarde les autres escargots que j’avais mis de côté pour les jeter ; je réfléchis, et je dis aux récalcitrants : Bon les gars, on va faire un deal, vous vous décollés du mur, et vous, ainsi que votre famille, je vous emmène dans un autre jardin, où vous pourrez vous régaler et ne serez pas embêté par un vilain monsieur comme moi.

Donc j’ai emmené cette colonie dans un autre jardin. (Mon hors d’œuvre de noël, venait de partir). Mais pendant que je m’occupais de mes escargots ; mes rosiers m’ont rappelé à l’ordre. Ouais tu t’occupes d’eux, mais nous ; les pucerons sont entrain de nous envahir et commencent à nous grignoter. Ok ok je vais m’occuper de vous. Me voilà partie avec mes gants spéciaux et mon sécateur, pour rafraichir ces messieurs - dames et leur redonner une seconde jeunesse. Lorsque j’eu fini de les bichonner ; j’ai vu que ces demoiselles m’ont remercié en ouvrant bien grand leurs fleurs. J’étais juste à côté de mon potager, et là aussi il y a eu une mutinerie : le laurier se battait avec le romarin pour avoir la meilleure place (pour leur croissance). Le thym se trouvant un peu esseulé, rouspétait, voulant être à côté de ses copains. J’ai donc fait une réunion avec tout ce petit monde. En leur annonçant que j’agrandissais la parcelle réservée aux aromates, afin que tout le monde ais sa place et puisse se développer. Et quand prime, je leur annonçais la venue d‘autres copains comme la ciboulette ; l’aneth ; et le persil.

Je pensais que toutes les plantes étaient contentes
mais j’avais oublié le MAGNIOLA
Ce dernier m’interpella et me dit :
Hé tu m’ as oublié papy, comme tu l’as fait ces derniers temps, pour me venger je ne t ’ai pas donner de fleurs cette année. J’espère que ça va te servir de leçons, et que cette année tu vas faire plus attention à moi. J’en ai pris bonne note et ferais bien attention cette année, à son bon développement. Bon j’arrête pour aujourd’hui. Je reviendrai vers vous lorsque je m’occuperais de mon autre jardin qui est situé derrière et qui est réservé aux grosses récoltes de légumes, comme les haricots verts ; les petits pois, les tomates, les fraises, les salades...

 

Stéphanie - Journal de bord confinement, semaine 3

Version 1

Après une nuit bien méritée, je commence le télétravail à 9 h. Avant que les grands ne monopolisent toute la connexion internet.

Pendant le repas du midi, préparé par ma grande, on prend des nouvelles de papy et mamie.

L’après-midi chacun retourne sur son matériel high-tech : les enfants pour jouer, et moi pour encore travailler !

A 17 h, ma journée de travail terminée, on se met sur l’ENT pour faire les devoirs du petit en 6ème.

19 h, papa rentre du boulot et nous raconte avec émotion les nouvelles de l’hôpital où il travaille.

En fin de soirée, je m’accorde un moment de détente avec ma fille devant un bon film.

Finalement, le confinement, c’est pas si compliqué.

Version 2

9 h, je suis en retard pour le télétravail. J'ai du mal à me motiver...

13 h, les grands ne sont toujours pas levés. Ça fait 10 fois que je monte les secouer, personne ne bouge.

13h30, tant pis j'ai trop faim, je mange toute seule.

14 h, ma visioconférence du travail commence. Deux heures de réunion... Les enfants, enfin levés, prennent toute la connexion et ça rame. Mais ils sont contents de jouer toute la journée.

Deux heures plus tard, je suis épuisée !

Bon faut se mettre à faire les devoirs du collège. Après avoir crié pendant une heure, on s'y met enfin.

Zut un message de la maîtresse, pas contente, qui dit qu'on a raté le cours en ligne ce matin.

19 h, Papa rentre de son travail à l'hôpital. On a peur qu'il nous contamine...

On écoute le journal du soir : ça fait peur.

Seul moment de détente de la journée : un bon film le soir.

Manque de chance, trop fatiguée, je m'endors sur le canapé, et ne vois pas la fin.

Le confinement : c'est l'éclate !

 

Découvrez les dessins d'une jeune fille qui exprime ses émotions en crayonnant son propre journal de confinement