La Louvière en 1991

Arrivés en 1991 à la Louvière, on approchait de la trentaine, un deuxième enfant, une étape dans la vie. On a cherché sur la ville nouvelle, trouvé un programme accessible financièrement et acheté sur plan et sur maquette. Une maison moderne, confortable avec les enfants.

Un choc : un chantier, un terrain derrière et rien. Sauf le ballet incessant des camions. La gare de Cergy-le-Haut était en construction : une tranchée gigantesque, une colline de millions de mètres cubes de terre sortie des tranchées.

Une grande colonne posée comme un totem : Ici prochainement RER

Tout le monde arrivait, plantait dans son jardin. Comme les pionniers dans un nouveau pays, il fallait que tout le monde apprenne à se connaître, s’installe, qu’une communauté se crée.
Faire son nid. Compliqué à vivre ce sentiment de ne pas appartenir. Des moments difficiles d’incompréhension.

De plus, il y avait un antagonisme fort village/nouveau quartier.
Un jour on m’a même dit : « Vous êtes de Cergy ! » C’est ce qui a motivé mon engagement dans la ville.

Des fêtes, des amitiés, des liens se sont créés. Ceux qui arrivaient avaient le profil du jeune couple qui vient de se prendre un gros crédit à la banque, allait au boulot, récupérait les enfants chez la nourrice. Une ville dortoir. Il fallait se fédérer pour animer la ville. Le comité des fêtes a ainsi été créé par les parents d’élèves, basé à l’école de la Louvière.

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