Avant les machines à laver et les lessiveuses

Au fond d’un cuvier, tonneau en bois cerclé avec du fer, les femmes étendaient des racines d’iris pour parfumer le linge. Elles les recouvraient de grosses toiles pour éviter le contact avec le linge. Puis posaient les draps. Cela se produisait deux fois dans l’année.

À côté, dans une marmite en fonte, elles faisaient chauffer l’eau. Pour arroser les draps et la lessive avec l’eau bouillante, ça prenait toute la journée. L’eau s’échappait par un trou au fond dans un autre cuvier.

Pour rincer, elles devaient aller au lavoir. Le soir, elles le vidaient avec un balai de branches de bouleau, de l’eau de toutes les couleurs là où le linge avait dégorgé. Elles bouchaient la sortie d’eau avec un chiffon.

Le lendemain matin le lavoir était plein d’eau limpide et claire ; elles y rinçaient les draps, agenouillées sur une caisse de paille, avec un battoir.
« J’adorais faire ça ».

Elles laissaient tremper toute la nuit ; un accord tacite avec les autres du village ; ils savaient qu’elles avaient besoin du lavoir ces jours-là. L’après-midi, c’était leur tour avec le linge de couleur.
Les femmes étendaient le linge dans les jardins, dans le grenier, un linge magnifique, séché au vent d’ouest et qui sentait si bon !

À Courdimanche il y avait quatre lavoirs, dont un semi-privé.